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mardi 24 octobre 2017
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François Chérèque, l’homme réformiste.

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La CFDT est partie gagnante pour ravir à la CGT la première place dans le secteur privé, lors de la proclamation des résultats des deuxièmes élections de représentativité syndicale, en mars 2017.

Mais François CHÉRÈQUE ne sera pas là pour fêter l’événement, et nous pouvons penser qu’il n’aurait pas boudé son plaisir ! François est décédé le 2 janvier dernier laissant les militants de la CFDT et son leader exsangues face à cette triste nouvelle qui provoque le vide dû à l’absence au cœur des pensées.

Il avait essuyé une forte houle peu après son arrivée à la tête de la CFDT, en raison de son soutien à la réforme des retraites de 2003, où il avait obtenu gain de cause auprès de Matignon sur la réforme des carrières longues (F.Fillon). En 2012, il a transmis à Laurent Berger les rênes d’une centrale en ordre de marche avec une emprunte « réformiste » prête à être développée

Après avoir lu l’ensemble des hommages et biographies plus ou moins complètes, parues depuis le 2 janvier, que souhaitons-nous retenir de cette grande figure récente du syndicalisme français, et transmettre aux générations futures ? A l’heure où tout un chacun zappe (trop) vite les évènements, même graves, même importants ? A l’heure où le match « mascarade » des présidentiels va rendre encore un peu plus désuet car souvent vide de sens les mots prononcés et véhiculés par les médias en tout genre ?

Tout d’abord, que François savait qu’il fallait se battre pour se faire un prénom. Lui, fils de Jacques Chérèque, qui fut numéro deux de la CFDT avant de devenir ministre sous Michel Rocard savait que son arrivée à la tête de la CFDT en 2002, après avoir été Secrétaire Général de la Fédération Santé Sociaux, n’était pas gagnée d’avance.

Puis, qu’il n’a jamais flanché, déterminé, sous les coups de boutoir et les langues acérées et a dû « affronté » les frondeurs de son syndicat sans relâche, permettant  à la CFDT de progresser régulièrement. A croire que ses débuts dans les années 70, en prêtant son physique de rugbyman et ses poings à son frère, fondateur d’un syndicat étudiant à Villetaneuse aux prises avec des militants de la L.C.R (parmi lesquels Julien Dray) le prédestinaient à cette posture de « lutteur courageux »

Enfin, qu’on peut devenir à force de volonté, un leader réformiste (et impatient), même souvent critiqué en interne pour sa volonté de négocier pas à pas et ne jamais lâcher les militants de terrain. Cet ex 2ème ligne de rugby arrivant en pleine crise interne, provoquée par la réorientation de la centrale (en 2002), a pu mettre en pratique les vertus de son sport. En prouvant avec conviction et détermination qu’on peut devenir modéré, sans être « mou », sans se laisser impressionner, intimider par ceux qui jouaient « au grand soir »

Qu’importe, cet ancien éducateur spécialisé qui savait faire la différence entre attention aux autres et posture de générosité, donnait tout et ne lâchait rien. Humaniste avant tout, il a ouvert la voix d’un syndicalisme réformiste, syndicat de demain en progression constante, qui a su bâtir avec ses interlocuteurs, du MEDEF à Matignon, un dialogue social fructueux et constructif, qui poursuivra son chemin de progression dans l’Europe de demain.




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